Je ne veux pas que mon pays sorte de l’Histoire

Pourquoi nous accorder cet entretien aujourd’hui ?
J’ai quitté la politique électorale, mais je ne me suis jamais interdit de participer au débat public. L’Union européenne est un sujet fondamental, qui me tient très à cœur : étant moi-même à la direction d’une école de sciences politiques, l’ Institut des sciences sociales, économiques et politiques (Issep), je vois une complémentarité entre le fait d’œuvrer à travers une école de formation et de réflexion, et le fait de participer au débat d’idées.

Les politiques, les observateurs et certains électeurs pensent que vous avez un plan, que votre stratégie pour un retour en 2022 est huilée et interpréteront sans doute cet entretien comme une pièce du Meccano. Que leur répondez-vous ?
Qu’ils arrêtent de se faire peur ! Je n’ai pas de plan. Au regard de l’instabilité politique actuelle, ceux qui affirment que telle ou telle personne sera légitime à tel endroit dans trois mois ou trois ans font des analyses bien hasardeuses. Je suis aujourd’hui concentrée sur la réussite de l’Issep, qui pour moi est un projet éminemment important au service du pluralisme intellectuel et pour la formation des élites de demain.

Ressentez-vous parfois une forme de colère, d’agacement, à rester silencieuse après avoir joué un rôle en politique durant cinq ans ?
C’est vrai, c’est parfois un peu frustrant. Mais n’étant plus dans l’arène politique, je ne suis pas là pour dire à ceux qui y sont restés ce qu’ils doivent dire, faire ou penser : ce n’est pas mon état d’esprit. En revanche, lorsque je découvre qu’Emmanuel Macron, président français, publie, au début du mois de mars, une tribune

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